| Redécouverte au début des années 70, l'architecture bioclimatique recherche une synthèse harmonieuse entre la destination du bâtiment, le confort de l'occupant et le respect de l'environnement, en faisant largement appel aux principes de l'architecture. L'architecture bioclimatique permet de réduire les besoins énergétiques et de créer un climat de bien être dans les locaux avec des températures agréables, une humidité contrôlée et un éclairage naturel abondant.
Seules deux opérations programmées d'habitat climatique (plusieurs centaines de logements) ont été réalisées, dans l'Aude et dans la Drôme. Elles ont donné satisfaction aux maîtres d'ouvrage, architectes et entreprises impliqués, ainsi qu'aux habitants comme le démontre une évaluation effectuée après plusieurs années d'occupation.
Dans l'habitat individuel, quelques réalisations continuent à voir le jour à l'initiative d'architectes ou de propriétaires particulièrement motivés. Citons à Cesson Sévigné, en Ille et Vilaine, la maison de Monsieur Yves Cochet.
On ne peut pas identifier d'entreprises spécialisées puisqu'en la matière, il s'agit essentiellement d'un travail de conception, associant architectes et bureaux d'études thermique. On notera toutefois que les grands verriers ont conçu des matériaux bien adaptés : vitrages faiblement émissifs, isolants transparents...
LES PRINCIPES DE BASE
Disposition générale
La maison sera située sur le flanc Sud d'une colline ou à l'abri d'un talus placé au Nord pour une meilleure protection contre le vent et une meilleure utilisation de l'ensoleillement. Le schéma ci-dessous illustre la disposition des pièces en fonction de l'orientation.
Des formes compactes
Afin de limiter les déperditions, il faut minimiser les surfaces en contact avec l'extérieur, l'enveloppe du bâtiment doit être donc la plus compacte possible.
Une forte inertie thermique
Les matériaux de forte inertie, qui fonctionnent comme des masses d'accumulation de chaleur, servent à retenir l'énergie incidente reçue pendant la journée pour la restituer la nuit. Citons le béton ou la pierre. Il est alors préférable de concevoir une isolation par l'extérieur plutôt que par l'intérieur.
L'isolation
Une bonne isolation permet de diminuer les déperditions thermique. Par exemple, il est utile de renforcer celle des parois opaques (notamment sur les façades Nord) et de supprimer les ponts thermiques.
Des matériaux adéquats
L'utilisation de matériaux qui respirent (non étanches), tels que bois non verni, peinture et revêtement micro-poreux, chanvre, liège, etc., assurent la régulation de l'humidité du logement et contribuent au confort.
Des zones tampons
Des zones tampons aménagées sous forme d'espaces peu ou non chauffés (garage, cellier) du côté Nord se comportent comme une isolation thermique et diminuent les pertes de chaleur.
Les vérandas
Les vérandas sous forme d'annexe vitrées adossées au côté Sud agissent également comme des zones tampons et privilégient l'effet de serre. Le gain de chaleur au cours de la journée peut diminuer les pertes thermiques de la maison ; cet effet dépend néanmoins fortement du comportement de l'utilisateur.
Les surfaces vitrées
Une maison solaire doit largement s'ouvrir au Sud et privilégier les surfaces vitrées dans le secteur SE-SW. Il faut aussi s'équiper de menuiseries bois d'essence locale, doubles vitrages (isolants et peu émissifs), avec protections nocturnes (volets, stores internes ou externes).
Favoriser la circulation de l'air
Pour un meilleur confort à l'intérieur du logement, il faut favoriser la circulation de l'air par convection.
Un système de chauffage performant
Le chauffage basse température (chaleur douce), notamment par le sol, associé à une régulation performante, contribue à limiter la consommation d'énergie et apporte un confort appréciable.
Un avant toit
Un avant toit ou des protections solaires fixes ou mobiles (encore appelées "casquette") bien dimensionnées évitent la surchauffe estivale mais laisse pénétrer le soleil hivernal.
Des Plantes
Des plantes disposées aux endroits appropriés de la maison contribuent à régler le degré d'humidité de l'air intérieur. Des arbres et des haies plantées du côté Nord protègent du vent. Des arbres à feuilles caduques du côté Sud ne limitent la pénétration du soleil qu'en été.
LA HAUTE QUALITE ENVIRONNEMENTALE
Sans aller jusqu'à une démarche bioclimatique, mais en intégrant des éléments aussi divers que les déchets, le choix des matériaux.. " La Haute Qualité Environnementale " (HQE) a aujourd'hui le vent en poupe.
La démarche HQE, c'est une recherche de la qualité dans une optique de développement durable (satisfaction des besoins des populations d'aujourd'hui sans compromettre les besoins des générations futures).
La Haute Qualité Environnementale vise à satisfaire trois exigences complémentaires :
· Maîtriser les impacts d'un bâtiment sur l'environnement extérieur,
· Créer un environnement sain et confortable pour ses utilisateurs,
· Préserver les ressources naturelles en optimisant leur usage.
Elle propose aux maîtres d'ouvrage et aux architectes une approche globale et transversale en amont et pendant toutes les phases de la vie d'un bâtiment : programmation, conception, réalisation, utilisation, maintenance, éventuelle adaptation et déconstruction.
Afin de répondre aux exigences posées, 14 cibles ont été définies dont la gestion de l'eau, de l'énergie et des déchets, le confort acoustique, visuel et olfactif, le choix des matériaux.
En France, il n'existe actuellement aucune réglementation pour la démarche HQE, ni de norme ou de label. Il s'agit d'une démarche volontaire qui donne des objectifs à atteindre.
source : www. ciele.org
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